2D attitude est l’association polynésienne du développement durable, reconnue d’intérêt général. L’efficacité économique, l’équité sociale et la préservation des ressources naturelles sont au cœur de son engagement. 2D attitude travaille dans la concertation, hors pressions commerciales, écologiques, politiques, religieuses ou syndicales.
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Consommation durable

 

Ce dossier est présenté par 2D attitude à l'occasion de la 7e Semaine du Développement durable, dont le thème est la "consommation durable"

Ce dossier aborde les grands principes de la consommation durable, les gestes simples au quotidien, ainsi que les enjeux globaux de notre niveau de consommation.

Consommation et supermarché

Les grands principes de la consommation durable

Aujourd’hui, consommer est devenu un acte banal. Pouvoir s’offrir une voiture, manger de la viande, des fraises ou du kiwi importé, appuyer sur le bouton et voir tout s’illuminer et démarrer… est devenu normal. Parfois, on aurait même tendance à croire que les produits sont nés dans les rayons des magasins ! Pourtant, à chaque fois que nous réalisons un achat, nous opérons des choix qui vont bien au-delà des qualités apparentes des produits ou des services, de leur prix et de ce que la publicité veut bien nous faire croire…

Tout acte de consommation a une influence directe sur les conditions environnementales et sociales de production des biens et des services que nous consommons.

Fort de ce pouvoir, les consommateurs ont un grand rôle à jouer dans le respect des principes de développement durable de notre société. Il s’agit désormais de ne pas se soucier uniquement de son désir de posséder et de la satisfaction de ses besoins personnels mais de l’origine des produits, de la façon dont ils sont fabriqués et par qui, des matériaux qui le composent, de la manière de les utiliser au mieux et enfin ce qu’ils deviennent lorsque l’on s’en débarrasse. Autant dire que ce n'est pas simple...
Consommer sans vraiment savoir

Empreinte environnementale

À chaque fois que nous consommons, nous utilisons des ressources et nous produisons des déchets. Normal. Mais, même à notre petite échelle personnelle de Polynésien « moyen », cette consommation est rapidement non durable.
Les preuves de notre consommation non durable sont partout autour de nous, même si nous ne nous en soucions plus : nous ne nous assurons pas que les ressources nécessaires à la fabrication de nos produits seront renouvelées , nous ne maîtrisons pas la pollution, et encore moins le recyclage, de nos déchets.

En effet, à chaque produit fabriqué correspond ce qu’on appelle, une « empreinte environnementale ».
Avant d’arriver au produit fini :
  • il a fallu exploiter les ressources, utiliser des matières, les transformer, faire un emballage, transporter le produit,
  • un ou plusieurs types de pollutions (au sens large) ont été produits.

Cadence & Durée

Notre comportement en matière de consommation est conditionné. Tous autant que nous sommes, nous nous faisons manipuler, soit pour notre plus grand plaisir, soit à notre insu :
  • la mode par exemple, est un facteur d’augmentation de la cadence de la consommation ; sous prétexte d’être à la mode, nous achetons des vêtements ou des accessoires bien avant que les précédents soient usés ou cassés.
  • Cette cadence de consommation est largement augmentée par les produits de basse qualité dont la durée de vie est très limitée comme dans l’électroménager.
La mode, puissant facteur de consommation

Des impacts tout au long de la vie du produit

La pollution d’un produit peut se situer à plusieurs niveaux au cours de sa vie. Lors de l’exploitation des ressources nécessaires à son contenu (ex : minerais, eau, etc.), lors de sa production (ex : énergie pour produire de l’électricité), pendant sa durée d’utilisation (ex : voiture, produit ménagers, etc.) et lorsqu‘il est à l’état de déchet (ex : matières plastiques, composant d’ordinateur, matériaux souillés par des microbes, etc.).
VIe des produits

Impacts sociaux

Et au-delà de l’empreinte environnementale, comment vivons-nous l’introduction de ces nouveaux objets, de ces nouveaux produits, de ces nouveaux aliments dans notre vie présente mais aussi au fil du temps ? Prenons par exemple l’introduction des sodas, et de l’alimentation fastfood en général. On pourrait arrêter le constat à la prise de poids. Or, la malbouffe et la surnutrition engendrent de graves problèmes de santé comme le diabète. Le diabète acquis par les parents aura toutes les chances de se retrouver, par la réplication d’un même comportement, chez leurs enfants. Et c’est ainsi qu’une population entière peut s’autodétruire petit à petit, sans compter les souffrances et l’aspect financier à supporter par le malade mais aussi par toute la communauté. Personne ne nous oblige à nous alimenter de cette façon.

Que penser également des moyens mis en œuvre pour produire à outrance et de la répartition des bénéfices tirés de la consommation ? Certains produits sont connus pour être fabriqués par une main d’œuvre payée à très bas prix, employée au noir, maltraitée ; pour modifier ce type de pratiques condamnables, il nous "suffit" de les boycotter.
Atelier de confection en Asie

Nous ne pouvons plus nous permettre de consommer avec insouciance. Consommer durable, c’est juste un changement d’habitudes.
Pour posséder une voiture, nous sommes capables de prendre sur notre temps pour la choisir et de dépenser beaucoup d’argent. Et pourtant, la voiture nous endette, nous coûte très cher en entretien, est dangereuse (on en meurt !), est très nocive pour notre santé, et pollue durablement et globalement. Nous avons été capables d’accepter toutes ces contraintes, alors pourquoi ne pourrions-nous pas nous poser quelques bonnes questions ?
À chaque consommation que nous faisons, nous devrions être capables de nous demander :

« D’où vient ce produit ? » pour s’inquiéter de la production de CO2 et de l’énergie utilisées,
« A-t-il été produit dans des conditions de travail correctes ? »,
« Son emballage est-il raisonnable ? » car trop d’emballage ponctionne des ressources et créé des déchets inutiles,
« Quand il sera un déchet, sera-t-il polluant ? Sera-t-il recyclable ? »,
« Le rapport qualité/prix (c'est à dire durabilité/prix) est-il correct ? »,
« Quel changement sur mon mode de vie ? ».

Tout ceci n’a rien d’évident. Et il peut paraître bien étrange d'en faire retomber le poids sur le pauvre consommateur que nous sommes. Mais qui s'en chargerait alors ?

Quelques gestes simples…

… que chacun appliquera selon ses possibilités et sa conviction à œuvrer pour nous sauvegarder :

Dans l’alimentaire

Encourager la production locale

De part son isolement, plus de 90% des produits alimentaires consommés en Polynésie française sont importés. Cependant, disposer de produits agricoles qui ne poussent pas localement (fraises, kiwi, cerise, raisin…) est un luxe qui n’est écologiquement pas soutenable dans le temps. La plus grande ineptie est bien de devoir importer des tomates ou encore de la salade, en réponse à une prévision de "pénurie" locale.
Pourquoi ne profiterions-nous pas de cette opportunité pour varier notre alimentation et nous diriger vers des produits agricoles aux qualités nutritionnelles similaires ?
Enfin, nous le savons déjà, acheter local permet de nourrir le développement économique de son pays qui, dans ce domaine, pèse déjà un joli 18 milliards XPF.
Consommer local

Privilégier les produits alimentaires certifiés Agriculture Biologique.

La présence du logo français ou européen vous garantit un mode de production plus respectueux des équilibres naturels (absence de pesticides, d’engrais chimiques, d’OGM…) dont les exigences sont définies dans la réglementation sur l’agriculture biologique, et contrôlées. À ce jour, il n'y a pas d'agriculture biologique de ce type en Polynésie, même si des agriculteurs souhaitent se diriger vers ce genre de production.
Logos Agriculture biologique

Favoriser les produits issus du commerce équitable

L’objectif du commerce équitable est notamment d’assurer une plus juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés et de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne.
Labels Commerce équitable
Comparaison commerce classique et commerce équitable

Équilibrer son alimentation

Les conséquences sanitaires d’une alimentation trop riche en graisse et en sucre ne sont plus à démontrer en Polynésie française : diabète, cholestérol, obésité…

Pour les achats courants

Préférer les produits écolabélisés

Ce sont des produits de qualité qui garantissent le minimum d’impacts sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie : fabrication, utilisation et traitement du déchet.
Les labels reconnus en France sont la marque NF Environnement et l’écolabel européen.
Ecolabels français et européen

Minimiser les emballages, les produits à usage unique, les jetables… afin de réduire la production de déchets.

Si le différentiel de prix entre un produit écolabélisé et un produit standard est trop important, préférer celui qui présente le moins d’emballages reste un geste simple.
En Polynésie française, nous produisons annuellement environ 360 kg de déchets par habitant, soit 10 kg/habitant de plus qu’en Métropole. C’est beaucoup trop comparé aux infrastructures de traitement dont nous disposons localement. Il est impératif de mieux choisir ses produits, de recycler ses objets en leur donnant une autre utilisation (du monoï dans une bouteille de soda) ou au moins de les trier afin qu’ils soient retraités.
{rokbox size=|200 296| title=|Décomposition des déchets :: De ce côté là, pas de problème, ce sont bien eux les plus durables|}images/stories/Dossiers/2009-04-01_DecompositionDechets.jpg{/rokbox}

À la maison

Les équipements électriques de la maison consomment jusqu’au tiers de l’énergie utilisée par les ménages. C’est un poste important qu’il est facile de réduire, dès l’achat comme à l’utilisation.

Préférer les appareils électroménagers les moins consommateurs en énergie

L’étiquette énergie placée sur les appareils dans les lieux de vente donne une indication sur la consommation en eau et en électricité de ceux-ci. Choisir un appareil performant revient souvent plus cher à l’achat mais il reste moins coûteux à l’utilisation.
Étiquette Énergie

Éteindre les appareils au lieu de les laisser en veille

Laisser un micro onde, une télévision, un lecteur dvd ou une chaîne hi-fi en veille consomme de l’électricité. Brancher plusieurs appareils sur une multiprise à interrupteur est un moyen pratique pour les éteindre en même temps.
Multiprise à interrupteur

Remplacer une ampoule à incandescence par une lampe basse consommation

Une lampe basse consommation (LBC) consomme 4 à 5 fois moins et dure 6 à 10 fois plus longtemps que les ampoules classiques et les halogènes. Il faut également savoir qu’une ampoule à incandescence de 60 W et une LBC de 20 W offrent le même confort en termes de luminosité.
De la lampe à incandescence à la lampe basse consommation

Pour les équipements plus importants comme l’eau chaude sanitaire et la climatisation, il est également possible de faire des choix plus « durables ».

Le chauffe-eau solaire bénéficie d’une subvention (via une défiscalisation réalisée par le prestataire) rendant leur acquisition plus abordable. Quant à la climatisation, elle devrait rester la dernière option après avoir envisagé toutes solutions de ventilation naturelle et d’isolation possibles.

Eau

Enfin, si l’eau nous semble particulièrement abondante et nous est rendue accessible gratuitement dans encore beaucoup de communes, elle reste pour autant une ressource précieuse (dans la plupart des îles, on pompe à l’aveugle, sans savoir qu’elle est taille de la ressource). Faire la chasse aux fuites reste cependant un geste simple à la portée de tous.

Voir plus loin

Est-ce si « simple » ?

Ces petits gestes n’étaient pourtant déjà pas très simples à mettre en œuvre, mais la réalité que nous impose notre monde clos l’est encore moins.

Drôles de titres en effet que les différentes manifestations qui parsèment nos joyeux évènementiels. L’an dernier, nous avions droit à la « mobilité durable » ; aujourd’hui on ne déroge pas à la règle avec la « consommation durable ». Réussir à réunir dans un même titre deux notions aussi opposées montre bien à quel point nous nous sommes, dans nos sociétés occidentalisés (oui, oui, même en Polynésie), totalement désolidarisés des réalités.
Parlons un peu de consommation globale. Depuis le milieu des années 80 (soit plus de 20 ans désormais), nous avons dépassé les capacités de la planète à nous fournir en ressources. La très grande majorité des ressources sont renouvelables, encore faut-il laisser le temps aux écosystèmes de faire leur travail de manière à « remonter les stocks » de ressources. Ce qui n’est le cas pour bon nombre d’entre elles.
Pour donner un ordre de grandeur de notre consommation en Polynésie, et parce qu’en particulier nous consommons beaucoup de produits importés qui ont tous fait des milliers de km pour arriver dans nos assiettes et nos salons, 3 ou 4 planètes Terre ne suffiraient pas à subvenir à nos besoins si tout le monde consommait comme nous en Polynésie (résultat partiel d’une étude en cours chez des lycéens polynésiens).

Nous vivons donc à crédit, et celui-ci s’amenuise d’année en année. De mois en mois, même.

Aujourd’hui, et c’est le constat du dernier forum mondial, l’eau potable n’a plus la banalité d’hier (de 15% d’habitants manquant d’eau aujourd’hui, on passera à 50% en 2030). On en rigole à Tahiti (où on ne sait pourtant quelle est la ressource) ; moins à Moorea (où les coupures d’eau parsèment la saison sèche), moins encore à Bora Bora (où on fait de l’eau à grand renfort de kW), et moins encore aux Tuamotu (où la montée des eaux finira par transformer la lentille d’eau douce en un vague souvenir).

En ce qui concerne l’énergie, faisons court : les ressources pétrolières ont atteint leur plafond et onduleront encore quelques années avant de péricliter inéluctablement d’ici une à deux décennies. Voyons un chouia plus loin, en 2040, on ne saura avec quoi produire notre énergie et ce même si on a terminé de vider la boîte de Pandore climatique : le charbon….
Par ailleurs, il ne faut pas se tromper d'échelle. Si il faut bien sûr changer ses ampoules à filament par des ampoules basse consommation, l'essentiel des économies se trouve ailleurs... Et là, qui va renoncer, comme ça, à sa voiture ou son voyage à L.A. ?
Consommation d'énergie par poste d'un ménage sur l'année

Du côté de l’alimentation, ce n’est pas plus rose. Les océans et leur milliard de km3 paraissent soudain sérieusement vides. À terre, la compétition est rude entre les espaces urbains, l’agriculture, l'élevage et le milieu naturel ; sans compter la prédation grandissante des agricarburants, et le joyeux bordel du dérèglement climatique.

Quant à la biodiversité, l’assurance-vie de la planète, c’est carrément la bérézina avec une espèce qui disparait en moyenne toutes les 20 minutes.

Et un dernier pour la route : les minerais sont eux-aussi sur une pente très finie. Au rythme actuel de consommation, l’argent, l’or, le zinc mais aussi le plomb, le lithium le cuivre et l’uranium seront épuisés avant 2040.

Toute cette surexploitation s’installe sur une crise de développement profonde dans nos sociétés humaines, qu’elle déstabilise et appauvrit.
Aucune de ces terribles données n’est une fatalité. Tout dépend de la pression que nous exerçons sur les ressources. Mais l'arithmétique en est tristement simple. Soit nous agissons, volontairement, aujourd’hui pour préparer la pénurie demain. Soit nous la subissons, de plein fouet.

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Cette tendance lourde à l'augmentation de la consommation, alors que nous sommes déjà en phase d’appauvrissement global, n'a pas encore pu être inversée, en raison de la difficulté de changer les modes de consommation et de production, et en dépit des engagements et objectifs de développement durable établis aux sommets de la Terre de Rio de Janeiro (1992) et de Johannesburg (2002).

Il faut dire que nos sociétés proviennent d’une joyeuse explosion énergétique, celle de la Révolution industrielle, vers la fin du XIXe siècle, explosion largement plus impressionnante que la poussée démographique. Bref, on ne consomme plus, on se baffre.

Consommation mondiale d'énergie

Depuis lors, nous surfons sur cette vague grandissante d’énergie qui, à elle seule, a permis l’exploitation effrénée et sans limite des ressources globales. Le iPod ne serait pas là sans elle ; ni les antibiotiques certes, ou la révolution agricole. Mais pour qui ?
Nous ne sortirons pas de la schizophrénie qui nous guette lorsque l’on tente de relier notre niveau de consommation à cette vision globale, si nous ne faisons pas l'effort de comprendre que notre consommation n’en est plus une.
C’est devenu de l’hyperconsommation.
Ne faisons pas l'erruer de nous tromper de