2D attitude est l’association polynésienne du développement durable, reconnue d’intérêt général. L’efficacité économique, l’équité sociale et la préservation des ressources naturelles sont au cœur de son engagement. 2D attitude travaille dans la concertation, hors pressions commerciales, écologiques, politiques, religieuses ou syndicales.
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La problématique énergétique

Pure énergieLe pétrole est vraiment une matière extraordinaire : il se trouve en grandes quantités, s’extrait sans trop de difficultés, se transporte très facilement (par bateau ou pipeline) et permet de synthétiser de nombreux matériaux « modernes » qui entrent dans la fabrication de la plupart des objets qui nous entourent.
D’un point de vue énergétique, les carburants pétroliers sont tout aussi performants : ils sont extrêmement denses énergétiquement (1 litre de pétrole permet de produire autant d’énergie qu’un travailleur pendant une journée), faciles à stocker, utilisables pour tous les usages (transport, fabrication d’électricité,  chauffage, froid, …).
Ce n’est donc pas un hasard si cette matière a été à l’origine de la plus grande période de prospérité et de croissance de l’histoire du monde.
Le pétrole a juste un défaut, il n’est pas renouvelable, et ce qui est grave, c’est que nous sommes arrivés à une époque charnière que les géologues appellent le pic pétrolier, ce qui signifie que nous avons consommé environ la moitié des réserves pétrolières mondiales, et que le rythme de la production va donc commencer à baisser dans les années qui viennent, d’abord doucement, puis de plus en plus fortement pour atteindre en 2030, environ la moitié de la production actuelle, pour une population qui aura augmenté de 25%, ce qui représente un déficit de trois milliards de tonnes de pétrole, soit l’équivalent de la production mondiale de 1985.

Par quoi allons-nous remplacer ces énormes quantités de pétrole manquantes ?
Le plus évident est le gaz naturel, car il est le plus facilement substituable, mais malheureusement, les réserves de gaz sont dans le même état que les réserves de pétrole, et il ne permettrait que quelques années de délai. Passé le pic gazier, il y aura non seulement le pétrole à compenser, mais aussi le gaz.
Ensuite, le charbon. Il faudra « seulement » reconstruire les ¾ des centrales électriques à pétrole du monde pour les transformer en centrales à charbon pour avoir de l’électricité, et convertir le charbon en liquide selon le procédé Fischer-Tropsch qui demande entre 2 et 4 Kg de charbon pour produire un litre de pétrole. Des investissements pharaoniques donc, dans un contexte d’énergie rare, et donc chère.
Enfin, les énergies combustibles « alternatives » telles que schistes bitumineux, sables bitumineux, ou hydrates de méthane ne sont pas crédibles à court terme pour de la « grosse » énergie avant 2050.
Autant dire qu’à ce rythme là, les réserves qui sont aujourd’hui considérées comme confortables pourraient atteindre leur pic entre 2030 et 2050.
Le nucléaire ? Ca ne marche pas non plus. Il faudrait doubler le nombre de réacteurs nucléaires dans le monde pour que le nucléaire fournisse 10% de l’énergie nécessaire en 2030 !
D'après http://nsa01.casimages.com/img/2007/10/22/0710220725101447475.jpg

Alors, yaka ! Y’a qu’à faire des énergies renouvelables ! Regardons ça de plus près.
Le bois n’est plus une énergie renouvelable quand on parle de tels chiffres. Si on ne tient pas à léguer  à nos enfants une planète pelée, il vaut mieux écarter cette possibilité.
L’hydro-électricité est elle aussi manquante à l’appel. Comme pour le nucléaire, il faudrait doubler le nombre de centrales hydroélectriques dans le monde pour que l’hydro-électricité fournisse 10% de l’énergie nécessaire en 2030, alors que les sites les plus efficaces ont déjà été équipés.
Quand au solaire et à l’éolien, leur mode de fonctionnement en fonction de la météo ne leur permet pas de dépasser 10% de la totalité de l’électricité produite sous peine de déstabiliser l’ensemble du réseau électrique.

Après avoir passé en revue la totalité des solutions alternatives, une évidence s’impose : il n’existe pas d’alternative miraculeuse au pétrole, et nous serons donc contraints par les événements à baisser drastiquement notre consommation énergétique. Sachant que son prix va continuer, quoi que l’on fasse, à monter, il faut alors choisir : subir cette hausse sans aucune visibilité (car le marché, loin d’être un génial modulateur, fera jouer le yo-yo au cours du pétrole) ou choisir d’anticiper.

La réponse à la crise énergétique consiste en deux actions volontaires à mener de front :
  • Investissements massifs dans les énergies renouvelables pour que les projets qui ont un seuil de rentabilité à 200 US$/baril de pétrole puissent commencer tout de suite. Ceci implique que le Pays détermine rapidement un schéma directeur de l’énergie indépendant et fixe des prix de rachat des énergies renouvelables.
  • Restriction de la consommation énergétique par des mesures coercitives (augmentation progressive des taxes sur l’énergie ou rationnement) afin que l’économie entame avec toute la visibilité possible une mutation progressive vers la sobriété énergétique, forcée, du futur.
Il est donc temps de faire les bons choix de développement. La crise énergétique nous y contraint. La crise climatique, qui y est liée, nous y oblige.

Taux de CO2 atmosphérique depuis 800 000 ans

Retrouvez dans cette animation très didactique réalisée par la National Oceanic and Atmospheric Administration le taux de CO2 atmosphérique auquel est désormais contraint le climat de la Terre, en comparaison avec les 800 000 dernières années, recouvrant donc des périodes froides (glaciaires) et chaudes (interglaciaires).
 

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Le site du Service de l'Énergie et des Mines de Polynésie française présente les orientations du Pays en matière énergétique.

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Les Énergies de la Mer

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Le blog des Énergies (renouvelables) de la Mer fait une veille des informations sur le sujet des énergies marines.

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Jean-Marc JANCOVICI

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Jean-Marc JANCOVICI présente sur son site de manière claire et détaillée les vrais enjeux et échelles de notre consommation énergétique.

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